Au commencement ...

Publié le par Aline

A l'âge de 18 ans je me suis fais opérée de la visicule biliaire, j'avais un calcul d'un centimètre. Et un mois après, ma vie a changée. Je me souviens du jour où la première crise est survenue: j'étais au lycée, pendant la pause du midi mes camarades et moi, avions décidé de déjeuner à Mc donald. Quel bêtise!
Après m'être "remplis le ventre" d'hamburgers, une douleur aîgue localisée en bas du ventre se fait sentir. Et d'un seul coup, telle une athlète aux jeux olympiques, je fais un 100 mètres direction les toilettes. Et les jours qui suivis furent pire!
J'ai même comptabilisé en une heure, 7 allés retours aux toilettes! Les pauvres toilettes!
Après une recherche de 2 ans auprès de plusieurs spécialistes et quelques coloscopies plus tard, on a enfin mit un noms sur mon mal... une colopathie fonctionnelle ou syndrome du colon irritable ou... oui je sais, ce mal porte beaucoup de nom!
Eh bah cette "colopathie fonctionnelle" je m'en serais bien passé, j'ai pris involontairement un abonnement à vie aux toilettes! C'est sûr, c'est pas donné à tout le monde de prendre un forfait illimité pour nos toilettes! C'est le grand luxe, n'est ce pas?
J'ai d'ailleurs aménagé mon petit coin, après le rembourrage de la cuvette, les jets thalasso au "fond du trou", une télé LCD avec lecteur DVD, je pense d'ici peu me faire installé internet, bonne idée, vous croyez?
Tout va bien, si l'humour reste, me diriez vous?
Pourtant ce n'est qu'une façade!
Grattez légèrement la surface, et vous y découvrirez un mal être.
Un mal être, certes, présent depuis l'enfance, avec mes bourlets qui sont localisés... partout. Mais depuis l'âge de 18 ans, un autre mal être invisible aux yeux des autres mais tellement présent pour moi. Pas une seconde de répis!
Les douleurs, les spasmes, la diarrhée, les migraines, les saignements de nez, les troubles du sommeil, les ballonements, les maux d'estomac, la fatigue, et j'en passe... sont mes lots quotidiens, du matin au soir, toute ma vie.
Au début, pendant 2 ans environ, je ne gérais pas cette maladie, renfermée, discrête, moi qui étais "grande gueule", extravertie... on ne me reconnaissait plus. J'avais gagné une maladie et perdue ma personnalitée.
Quand j'expliquais ma colopathie, c'était des moqueries... c'est vrai que faire "caca mou" c'est super drôle. Mon surnom pendant quelques temps était "Pause caca" en référence au film American pie. Je veux bien en rire 5 minutes mais c'est moi qui doit vivre avec cette maladie.
Faut être réaliste, ce n'est pas les colopathes qui gèrent ce syndrome, mais c'est le syndrome qui nous gère. Et pourtant, j'ai fais des études de commerce dont un BTS Management donc j'ai appris théoriquement à gérer, et je ne suis même pas capable de gérer mes intestins! C'est un comble quand même!
Futur manager qui ne sait même pas gérer un bout de tuyau dans son ventre, quelle histoire!
Alors pour résumer un peu ma vie de colopathe, c'est de faire attention à mon alimentation, aux émotions, aux changements de températures, aux courants d'air.... et j'en passe.
Par exemple, avant de sortir avec mes amis, soit je ne mange pas ou alors je mange un aliment que je ne digère pas pour me déclencher une crise... pour essayer de passer une bonne soirée.
En fait, être colopathe, c'est de l'organisation.
Vous êtes invité chez des personnes?
Généralement, la première chose que vous faites c'est dire bonjour, vous installer avec vos amis et vous amuser. Et bien moi, c'est un peu différent, la première chose que je fais, c'est du repérage, direction les toilettes! A la recherche du trou perdu!
Y a t il assez de papiers toilettes? Question existentielle!!!
Mais ça les "non colopathes" ne le voyent pas et ne le comprennent pas ! C'est une organisation et une angoisse en continue!
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